la gazette du condat 39200 SAINT-CLAUDE, JURA. la gazette du condat 39200 SAINT-CLAUDE, JURA.

Pipes CHACOM

Antoine Grenard et toute son équipe.



L’histoire remonte à 1825. A l’époque, la ville est spécialisée dans la tabletterie et l’industrie pipière est quasiment anecdotique, la famille COMOY commence à fabriquer des pipes en buis, qu’elle vend aux soldats de la Vieille Garde de Napoléon Bonaparte.

En 1856 des pipiers Sanclaudiens découvrent la bruyère, et en précurseurs, commencent à l’utiliser pour la fabrication de la pipe. Plus résistante que le buis, la bruyère présente en outre l’avantage de ne pas dénaturer les saveurs du tabac. Dès lors, la fabrication de la pipe prend son essor, la ville devient le berceau historique car la bruyère n’est utilisée qu’à Saint Claude, qui devient alors la Capitale Mondiale de la pipe. La maison COMOY quant à elle devient le premier fabricant de pipes de bruyère de la ville.

Dans les années 1870, la famille COMOY se rapproche de ses cousins, la famille CHAPUIS. Le savoir-faire jurassien traverse les frontières françaises : Henry COMOY émigre à Londres et monte la première fabrique anglaise de pipes. L'usine de Saint-Claude fournit les ébauchons et les têtes.

A la fin de la Première Guerre mondiale, l’association COMOY et CHAPUIS devient effective et la société prend le nom de CHAPUIS-COMOY & Cie. La ville compte alors environ 80 ateliers de fabrication de pipes et un peu plus de 5 000 ouvriers.

Après la crise de 1927 et au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il n’y a désormais plus qu’une vingtaine d’industriels pipiers et un peu moins de 600 ouvriers… Saint Claude arrive néanmoins à conserver son image de marque auprès de la clientèle française et étrangère. CHAPUIS-COMOY & Cie lance sa marque commerciale CHACOM et part à la conquête du marché français et belge avec une collection complète & moderne.

Au début des années 1970, Yves GRENARD, petit cousin de Pierre COMOY (lui–même petit-fils d’Henri) dirige la société CHAPUIS-COMOY. Son fils Antoine, adolescent, s’initie à la fabrication des pipes dans l’entreprise familiale pendant les vacances d’été mais n’envisage pas une seconde reprendre l’affaire. Après des études de design à Valenciennes, il part travailler sur Paris comme designer puis à Dublin.

Le marché de la pipe continue son déclin, notamment depuis la généralisation de la cigarette et les différentes campagnes anti-tabac. En 2005, se pose la question de la reprise de l’entreprise : Yves souhaite passer le flambeau à son fils Antoine, qui rentrera finalement à Saint Claude pour poursuivre l’activité. L’atelier situé au Faubourg Marcel est vétuste, difficilement accessible. Il faudrait pouvoir moderniser le site de production mais les locaux sont trop exigus. La priorité pour l’heure est de diversifier la production et de présenter une collection plus « haut de gamme ». Antoine crée donc plusieurs modèles de pipes aux formes innovantes afin de séduire ses clients et tenter de développer une nouvelle clientèle.

Actuellement, l’entreprise compte 2 commerciaux exclusifs qui sillonnent la France et une douzaine d’ouvriers hautement spécialisés. Il faut en effet 5 à 6 ans pour devenir Maître Pipier et maîtriser les différentes étapes de fabrication que sont le calibrage, l’ébauchage, le varlopage, le fraisage, le râpage, le perçage, le choix, le montage, le polissage, le badigeonnage, l’éclaircissage et le marquage.

Le marché français représente entre 40 et 45 % du chiffre d’affaires de la société à travers la vente de pipes mais aussi d’articles pour fumeurs tels que le tabac, les briquets, étuis à cigarettes, cendriers…. Environ 80% de la production de pipes est vendue à l’étranger dans 35 pays à travers le monde.
La communication de l’entreprise se fait principalement autour du savoir-faire et de la ville de SAINT CLAUDE, dont l’image est toujours très importante pour la clientèle française et étrangère. La pipe en bruyère, marché de « niche » est en pleine évolution depuis une dizaine d’années. En effet, son art de vivre attire une clientèle plus jeune (entre 20 et 45 ans), avide de conseils, appréciant l’objet en bois et souhaitant adoptée une consommation plus modérée de tabac.. « Exit » le cliché du grand-père, la pipe est petit à petit devenue « tendance », synonyme de style et d'originalité, un accessoire de mode qui séduit le hipster distingué… mais pas que !

En 2016, après plus d'un siècle passé dans le quartier pipier du Faubourg Marcel, l'entreprise quitte son ancienne usine mythique pour s'installer à Villard Saint-Sauveur. En s’installant dans les anciens locaux Curtil, Antoine souhaite avant tout travailler sur un site plus fonctionnel et accessible. Il profite également des locaux pour ouvrir un espace muséographique, permettant de faire découvrir la fabrication de la pipe de bruyère et son savoir-faire bicentenaire. Cette boutique est un véritable show-room. Un parcours d’exposition doté d’une précieuse collection de pipes et de machines anciennes en font une visite incontournable, que vous soyez fumeur ou non ! Ce lieu mêlant habilement tradition et modernité raconte l’histoire d’une industrie emblématique de Saint-Claude dont l’activité perdure et rayonne dans le monde entier. Entrée libre du lundi au samedi de 10h à 19h / ouvert à tous y compris et AVANT TOUT aux Sanclaudiens, leurs familles et amis de passage, qui seront surpris de redécouvrir l’histoire de la ville, de se l’approprier et de la partager avec le plus grand nombre !



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Photographie STUDIO COUCHOURON, Pipes CHACOM, SAINT-CLAUDE, Jura.
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